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Par Ras', le 26 août 2012104 commentaire(s)Lire la suite

C'est assez difficile pour moi d'écrire cet article mais ce n'est pas ce qui explique cette absence de plusieurs mois. Cette longue période sans post s'explique juste par le fait que l'IRL, ça prend du temps.

Bref, s'il est difficile pour moi d'écrire cette note c'est que j'aimerai parler d'un artiste qui est de loin mon préféré. Du coup, étant un piètre critique musical, j'ai peur de de gâcher le truc et que vous passiez à côté de quelque chose...
D'un autre côté, ceux qui parlent le mieux d'un artiste sont ses morceaux et si vous me connaissez, ou du moins me cottoyez de temps en temps, je vous ai forcément fait écouter Degiheugi.



Degiheugi, donc, performe dans l'électro / hip-hop / abstract hip-hop, les gens sont forts pour classer les musiciens dans des cases, moi non ; puis je n'pense pas qu'on puisse le ranger si facilement, c'n'est pas plus mal ainsi. Avec aujourd'hui 4 albums à son actif (plus un disque de remix), on peut entendre de nombreux styles de musiques dans ses tracks. De plus, et c'est ce qui me marque le plus, il y a une évolution à chaque album, c'est ce qui fait que j'attends toujours le nouveau avec impatience.
Son premier opus, « Aquilon-lp.01 », est plutôt expérimental, un style très particulier qui risque de ne pas plaire à tout le monde. Mais on peut déjà apprécier le fait d'entendre quelque chose de nouveau, de plus frais, sans compter que certaines chansons laissent penser qu'il reste un gros potentiel à explorer.

C'est son second album, « Only after the show... », que je fais généralement écouter aux néophytes.
Son style plus calme et musical fait généralement mouche, bien que certains passages de drum&bass nous réveillent et nous rappellent que Degiheugi c'est avant tout de l'éclectisme. On y découvre certains featuring comme Ghostown ou l'Omelette que l'on retrouvera aussi dans « The Broken Symphony », son troisième opus dans lequel il progresse encore et continue de se démarquer par son style et par ses samples ; rien n'est classique, rien n'est facile, tout est original.
L'amateur de musique reconnaîtra les mélodies de grands artistes comme Ennio Morricone mais, encore une fois, remixées brillamment à sa sauce.



Pour sa dernière galette, DJEJ s'offre une superbe jaquette réalisée par son ami ice©ream


Nouvel album, nouvelle évolution : la voix. Alors que ses précédents albums étaient majoritairement tournés sur l'instrumental, une plétore de featuring viennent amener quelques lyrics sur les samples d' « Abstract Symposium ». Aucun doute quand au fait que cet album soit le plus abouti, les mix passant du jazz au hip-hop ou à l'électro, les voix collant parfaitement aux samples, rien n'est à redire et tout s'enchaine parfaitement bien ; on n'sait jamais à quoi s'attendre si ce n'est de la qualité. Certaines chansons1 rappellent le style de ses précédents albums mais s'essaye néanmoins à de nouveaux arrangements, qu'il réussit avec brio.

Pour finir, et comble de la perfection, les albums de Degiheugi sont téléchargeables librement et gratuitement ; parce que la musique n'est pas son métier mais « simplement » une passion qu'il veut partager avec le plus grand nombre et rendre accessible à tous.
Je n'suis pas du tout sur d'avoir été convaincant sur ma présentation mais une chose est sûr c'est que le prochain album sort prochainement et qu'il va tourner en boucle sur ma platine et dans ma voiture.
Vous êtes prévenus.



1Oui oui, le type se permet de sampler du Martin Luther King, mais on l'autorise et l'encourage même

alsa force-reload

Par Ras', le 27 octobre 201137 commentaire(s)Lire la suite

‘tain, on est en 2010 et il y a encore des gens qui utilisent des écouteurs basiques. Je pensais que ces trucs là avaient été radiés de la surface de la planète pour mise en danger d’autrui et non assistance à oreilles en danger. En fait non, mon voisin viens juste de sortir une paire de ces écouteurs à la con. Vous savez, ceux avec lesquels la moitié du son est diffusé à l’extérieur1 emportant tous les détails de la musique avec lui. Il y a ça, mais il y a aussi les types qui écoutent de la musique avec leurs enceintes de laptop, ce sont un peu les mêmes, en fait.

Si vous êtes dans ce cas, courrez acheter des enceintes de bonne qualité, ou au moins une paire d’écouteurs/un casque viable, s'il vous plaît.


Enfin, n'exagérons rien...



Le problème des écouteurs à la con, c'est qu'ils empêchent d'entendre tous les détails auquel l'artiste tiens, puisqu'ils subliment ses chansons, on n’peut pas non plus entendre la finesse de la ligne de basse, puisque si elle ne fait pas un gros boom-boom dégueulasse on ne l’entendra quasiment pas. Ça fait peut-être mélomane un peu exigent de dire ça. Pourtant, le fait est que depuis la première fois que j’ai acheté des intra-auriculaires, j’ai redécouvert tous mes disques, et je ne suis jamais revenu en arrière.
Après, les intras, on aime ou on aime pas, y’en a que ça dérange. Mais si vous n’aimez pas ça il y a toujours de bons casques milieu de gamme qui font tout à fait l’affaire. Rien ne sert de choper des écouteurs/casque à 250€, à part pour se la péter et faire style qu’on vachement connaisseur, la plupart du temps ça ne sert à rien puisque c’est pour écouter avec son iphone des sons en mp3 über-compressé2. La chaîne du son c’t’un peu comme la chaîne du froid, si y’a un élément qui faille, toutes les précautions qu’on a pris autour ne servent à rien. Pour avoir de la musique de qualité, ça part de la source audio jusqu’au bout des écouteurs.


Ou l'inverse :)



Je pourrais en parler des heures, mais vous ne serez convaincu qu’en écoutant ça de vos propres oreilles. Je n’dis pas qu’il faut refaire votre discothèque en .flac, acheter un ampli à lampes et des enceintes à 4k€, mais se procurer une bonne paire d’écouteurs sera déjà un très bon début. Pour les intras, je n’ai jamais été déçu par la gamme Sony MDR-EX-***3, le milieu de gamme va de 30 à 70€, ça reste donc accessible, même pour ces sales pauvres d’étudiants4. Pour les casques je ne connais pas trop, mais je pourrais me renseigner si vous voulez. En tout cas, essayez au moins une fois, vos oreilles me remercieront.


1Et vous ne voulez pas que le monde sache que vous écoutez Rebbeca Black en cachette
2 On trollera sur les formats de fichier une autre fois
3 Même si Sony sailemal
4 Voir même pour les techniciens :p

C'est marrant, ça fait presque une semaine que le nouveau cd d'Orel' est sorti et on n'a toujours pas entendu les féministes gueuler, sûrement trop occupés à essayer de connecter ensemble leurs 3 neurones...

Orelsan est un rappeur qui s'est fait connaître sur le net il y a maintenant 4 ans avec la chanson Saint Valentin (NSFW1), tellement qu'il a pu sortir un album dans la foulée : « Perdu d'avance ». Orelsan parle d'une jeunesse. De cette jeunesse dont « les hobbies c'est sortir et boire de l'alcool fort de basse qualité », qui passe des soirées ratées et qui finit un peu no-life.
Ça paraît facile comme rap, mais il le fait avec brio. Les punchlines s’enchaînent et ses textes sont remplis de jeu de mots et de références diverses aux mangas/jeux vidéos/films qui ont bercé sa — et par conséquent, notre — jeunesse. Les Orel'fans se retrouvent dans ses textes, parce qu'ils ont passé les mêmes soirées ratées, sont des no-lifes, et disent des trucs dégueulasses sur les femmes.
Sinon, non. Ils ne correspondent peut-être pas à ce profil et apprécient simplement ses lyrics acérés et percutants.

Le problème, c'est que certains ne comprennent pas ces textes, car « on vit pas dans l'même monde, on est différent » mais aussi parce qu'ils les prennent au premier degré.
Quand je disait que les féministes étaient débiles2, c'est parce qu'ils ont voulu censurer une de ses chansons. C'est même « la secrétaire d'État Valérie Létard [qui] y dénonce une incitation à la violence envers les femmes » (dixit Wikipedia).
Je sous-titre la chanson pour les deux du fond : ce n'est pas une incitation à la violence envers les femmes. C'est l’histoire d’un mec qui voit sa copine le tromper, forcément il a la haine. Deuxième indice, la chanson n'est pas sur son album. Parce qu'elle s'écoute en regardant le clip, elle n'a d'ailleurs été diffusée que sous cette forme. Dans le clip, donc, on voit qu'Orel' a toujours une bouteille à la main. C'est juste la réaction (verbale vous noterez, mais je précise quand même au cas où vous seriez vraiment débiles) d'un mec qui s'est saoûlé parce que sa copine l'avait trompée. Dernier indice, c’n’est qu’une chanson, pas la réalité. Et quand Orelsan chante « ferme ta gueule ou tu vas t'faire Marie-Trintigner » c’n’est pas une menace de mort, c’est juste parce que la punchline est drôle.
Y'avait vraiment de quoi crier au loup. -___-'

Mais si on n’a pas entendu gueuler à la sortie de ce nouvel album, c’n’est pas parce que les féministes étaient trop occupés avec des conneries, c’est parce qu’Orelsan a changé. Dans « Le chant des sirènes », on voit l’autre facade du chanteur, Raelsan. Cette facade que l’on décelait déjà dans la dernière chanson du premier album : « Peur de l’échec ».
L’évolution se fait déjà ressentir d’un point de vue musical, on alterne entre des beats électro et des instru au piano, posés, limite mélancoliques.
Mais la différence s'entends aussi dans les lyrics. Les thèmes abordés sont plus noirs ; et lorsqu’il s’agit des mêmes thèmes, c’est la manière de les aborder qui change et je trouve qu'on entend aussi une différence dans sa voix, d’ailleurs. On le surprend même à aborder des thèmes beaucoup plus sérieux, dans « la petite marchande de porte-clefs » par exemple ; voire même à parler de sa peur de vieillir, de mourir (dans plusieurs chansons). Orelsan évolue, grandit, mûrit, prend du recul sur la vie, sur sa vie.

On m’aurait dit ça avant que j’écoute l’album, j’aurai certainement été déçu d’avance, déçu de perdre l’Orelsan que j’ai connu. Pourtant, finalement, ce changement n’est pas si déroutant, je dirais même que c’est plutôt plaisant. J’ai d’ailleurs beaucoup accroché à des chansons comme Si seul ou La terre est ronde.

On retrouve quand même des chansons marquées « Orelsan », comme 1990 / 2010 par exemple, qui est un peu le pendant de « Jimmy punchline » du premier album, remplie de phrases à reprendre et à écouter en boucle. Bref, « le chant des sirènes » est un très bon album, qui risque de tourner longtemps en boucle dans mes intra.



1 Not Safe For Work : ce qui veut dire qu'en plus du fait que tu devrais bosser plutôt que lire des blag à la con, tu devrais aussi éviter d'ouvrir ce lien si ton chef est derrière toi.
2 Vous m'avez vraiment cru quand je disais que les féministes avaient des neurones ?

Voilà 3 semaines que j’écoute cet album quasiment en boucle, donc je pense qu’on peut dire que je l’ai adopté. Ça arrive — contrairement à ce qu’on pourrait croire — assez rarement ; suffisamment pour que j’en parle en tout cas.

Blue Scholars1 revient donc avec un nouvel album, 4 ans après Bayani, le précédent, malgré le fait qu’entre temps on ait eu l’EP2 OOF qui était très sympa, bien qu’un peu court — normal pour un EP vous m’direz.
Cinémetropolis est donc le 4ème album de Blue Scholars, succédant à Blue Scholars, The Long March et Bayani.

Blue Scholars The long march
Bayani Cinemetropolis

Pour cet album, Blue Scholars a innové en terme de marketing, puisqu’ils proposaient à leur public de participer financièrement à l’album avant même sa sortie. Sur 25000$ attendus à la base, ils en ont reçu 62000, ce qui laisse à penser que les gens sont toujours prêts à payer pour de la musique, et que le contrefaçonnage3 n’est bien qu’une excuse pour ramener un peu plus d’argent à ceux qui n’en ont pas besoin, mais on en reparlera une autre fois.

Musicalement, Cinemetropolis se distingue aussi des précédents albums de Blue Scholars. Sabzi — le DJ — ne se sert que très peu de samples, et utilise beaucoup plus son synthé, ce qui donne certaines chansons au son électroniques, genre Slick Watts ou Fin. Ce qui ne change pas, c’est qu’on retrouve des mélodies très simples bien que travaillées, qui restent en tête toute la journée comme par exemple l’instru de Tommy Chong ou encore celle de Marion Sunshine.
Promotheus Brown — le MC, anciennement connu sous le pseudo de Geo — reste quand à lui plutôt constant dans son style ; fluide, posé, et toujours aussi agréable à écouter. En tout cas la Blue Scholars’ touch est clairement identifiable, si ça peut rassuer ceux qui n’aiment pas les nouvelles sonorités électro du groupe.


Le nom de l’album, Cinemetropolis, n’est pas un hasard. De nombreuses chansons font d’ailleurs référence au cinéma et à l’image en général, des noms d’actrice comme Anna Karina ou à des compositeurs comme Lalo Schifrin.
L’image a d’ailleurs toujours inspiré Blue Scholars ; le frère de Sabzi est lui-même réalisateur et le groupe a déjà fait de très beaux clips, qui ont reçu de très bonne critiques sur le net, comme par exemple Back Home (chanson qui milite pour le retour d’Iraq des troupes US) ou encore Joe Metro, tourné à Seattle — qui reste à ce jour l’un de mes clips préférés pour la qualités des images et des prises de vue.

En attendant les p'tits gars de Blue Scholars peuvent « prematurely champaigning on [their] way to success » — comme dirait Prometheus Brown — pendant qu'on écoute la chanson d'intro, Cinémetropolis, ou on comprend mieux ce que je disais plus haut, concernant le changement de style :


(Blue Scholars - Cinémetropolis)



Au passage, j'vous met aussi ma préférée de l'album :


(Blue Scholars - Georges Jackson)


Le reste de l’album est en écoute ici : http://bluescholars.bandcamp.com




1 Jeu de mot avec le terme « Blue Collar » ; en français « Col Bleu », travailleurs manuels, à opposer aux « Cols Blancs », donc.
2 Extended Play, un compromis entre l’album et le single, à opposer avec LP (pour Long Play, album).
3 Ou piratage, si vous voulez. Merci ArkSeth pour ce terme au passage.